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Le Brexit, à quoi s’attendre pour son épargne?

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Après 40 ans de participation à la construction européenne et des mois d’incertitudes, les électeurs britanniques ont finalement pris la décision historique de quitter l’Union européenne.

La sanction a été immédiate sur les marchés financiers avec une baisse de près de 9 % pour les actions européennes pour la seule journée du vendredi 24 juin.

Ce krach, par son ampleur, rappelle celui de septembre 2008, après la faillite de la banque Lehman Brothers. Il est également certain que ce séisme aura des conséquences politiques et économiques importantes.

Si les conséquences négatives du Brexit sont assez évidentes à court terme pour les actifs risqués et pour l’économie britanniques, il est en revanche plus compliqué, à ce stade, de mesurer ses effets à plus long terme sur une économie mondiale déjà fragile.

Un premier tour d’horizon « à chaud » des notes des principaux gestionnaires d’actifs, permet néanmoins d’apporter quelques éléments de réponse

L’impact sur les actifs risqués va dépendre de l’ampleur de la réaction des places financières et de la réponse des principales banques centrales. Ces dernières devraient continuer d’être à la manœuvre pour éviter des réactions en chaîne trop importantes.

La Banque centrale européennes va certainement rester accommodante et pourra être amenée à terme à élargir son programme d’assouplissement monétaire. De son côté, la réserve fédérale américaine ne devrait pas augmenter ses taux cette année, contrairement à ce qui était prévu. La Banque d’Angleterre pourrait prendre la décision de baisser ses taux.

Toutefois, sans une réelle capacité des dirigeants à rassurer sur le projet européen, les politiques monétaires accommodantes des banques centrales ne devraient pas être suffisantes pour éviter un retour à des niveaux de volatilité élevée.

Enfin, à plus long terme, la capacité bénéficiaire des entreprises n’est pas remise en question. Les turbulences actuelles sont donc autant d’opportunités pour des investisseurs de long terme et pour les gérants d’actifs. Mais de l’avis général il est encore trop tôt pour revenir sur les actifs risqués. C’est pourquoi, nous vous recommandons de patienter avant de profiter d’un éventuel point d’entrée plus favorable. Et surtout, n’oubliez pas l’adage du légendaire investisseur Warren Buffett :

« Soyez craintif quand les autres sont avides. Soyez avide quand les autres sont craintifs ».

Tour d’horizon des perspectives du monde de la finance

Pour Goldman Sachs, « le Brexit réduit les perspectives de croissance européennes, en raison d’une montée des incertitudes politiques et de conditions financières dégradées ». La banque américaine anticipe une appréciation des monnaies refuges, dollar, franc suisse et yen, ainsi qu’une baisse des bourses européennes d’environ 20% par rapport à la clôture de jeudi soir, pénalisées par une forte progression de la prime de risque.

Crédit Suisse prévoit une récession en Grande-Bretagne au second semestre et un ralentissement en zone euro, avec une montée en puissance des partis populistes et le risque d’une plus grande fragmentation au sein de l’Union européenne. Les objectifs de fin d’année sont de 2 000 points pour le SP 500 et de 2 950 points pour l’EuroStoxx 50, soit des reculs de 6 % et 3 % par rapport aux cours de clôture de la veille du référendum.

Fidelity est moins pessimiste et juge que ce type d’évènement n’impacte qu’à la marge les perspectives de long terme des entreprises. « Les marchés européens sont très internationaux et les bilans des sociétés sont solides, encourageant des opérations capitalistiques qui devraient se poursuivre » affirme le responsable Europe.

Pour Lazard Frère Gestion, « si les marchés risquent de rester volatils dans les prochains jours, il n’est pas impossible que le point bas soit atteint dès aujourd’hui. La baisse d’aujourd’hui correspond à une réaction épidermique des investisseurs d’autant plus violente qu’ils avaient fini par se convaincre sur les derniers jours de la victoire du maintien. Pour autant, l’impact final sur l’économie mondiale et donc sur la capacité bénéficiaire des entreprises ne nous parait pas justifier un mouvement d’une telle ampleur. Il est possible que certaines entreprises exposées au marché britannique révisent leurs prévisions de résultats, mais d’ici quelques semaines, le flux de nouvelles liées à ce sujet et susceptibles de faire baisser le marché devrait se tarir, ce qui devrait permettre au marché de se stabiliser voire de se redresser ».

CPR AM s’attendait à une baisse plus prononcée à l’ouverture des marchés et estime que les niveaux actuels n’offrent pas nécessairement des points d’entrée intéressants. Si la filiale d’Amundi table sur un retour de la volatilité elle ne mise pas sur une nouvelle correction à court terme. En terme d’allocation, CPR reste investi mais défensif. « En fonction de l’évolution du contexte, nous envisagerons de remonter, de façon mesurée et graduelle, l’exposition aux actions ou d’accroitre notre diversification sur les marchés émergents. Sur opportunités uniquement, nous pourrons augmenter notre diversification obligataire sur le crédit haut rendement comme sur les souverains périphériques ».

Pour Rothschild AM, « en dépit de l’ajustement des marchés sur la nouvelle, le contexte économique que nous venons  de décrire illustre une situation en rien comparable à celle observée lors des précédents chocs, notamment la correction de 2011 lié au risque d’éclatement de l’euro et de 2008 face à une crise mondiale. Si la situation actuelle revêt une dimension politique forte, il ne s’agit pas à ce stade d’une crise économique de grande ampleur. Dans ce contexte, il semble probable que les marchés resteront influencés par la dynamique de croissance des résultats des sociétés cotées qui, après avoir fortement déçu au cours de ces quatre dernières années, affichent des niveaux anticipés pour 2016 extrêmement pessimistes au regard de l’embellie du scénario économique observé en Zone euro ».